LE TROISIEME CIEL ET LES 7 CIEUX
Je vous propose de plonger dans une des lettres de l'Apôtre Paul, notamment concernant un étrange voyage dans l'au-delà.
Après bien des discussions avec Gad, nous en avons conclu de vous partager les recherches effectuées, Gad ayant fait un article récapitulatif (Merci à lui pour son travail).
A vous d'aller chercher, interroger, et sans doute trouver encore bien des parallèles. Comme quoi les "lettres" dites chrétiennes recèlent bien des informations qui doivent nous amener à repenser ce que l'on tente depuis deux milles ans de nous faire "avaler"...clin d'oeil.
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Dans les écrits chrétiens, Paul rapporte ceci :
"Je connais un homme, un chrétien, qui, il y a quatorze ans, a été enlevé jusqu'au troisième ciel était-ce dans son corps, je ne sais, ou sans son corps, je ne sais, mais "dieu" le sait". (2 Corinthiens 12:2).
Il est question ici d'un troisième ciel. En général, les chrétiens s'arrêtent là, disant que le troisième ciel doit être le ciel du créateur. Paul ne prétend pas qu'il n'y a que 3 cieux, Il écrit "jusqu'au" mais ne donne pas de limites.
Or, à l'époque de Paul, les mystiques Juifs (encore aujourd'hui) croyaient en l'existence de 7 cieux. Hormis eux, les juifs s'arrêtaient à la cosmologie biblique (2 cieux, l'espace et les eaux du dessus).
C'est la mystique de l'époque que l'on appelle mystique des Hékhalot "Palais" ou mystique de la merkava "char" en référence au char d'Eliyahou (mystique qui précède de plusieurs siècle la Kabbale médiévale.)
La mystique des Hékhalot stipule qu'il y a sept cieux, organisés en sept palais. Chaque ciel est accessible en une série d'épreuves, d'illusions et d'hallucinations.
Intéressant, puisque voici ce que dit Paul au verset 4 : "a été enlevé au paradis et qu'il a entendu des paroles qu'on ne peut pas répéter parce qu'il n'est pas permis à un homme de les dire."
Paul place un anathème sur les paroles recensés durant ce voyage mystique. D'où vient cette interdiction ? Dans la mystique des Hékhalot, il est interdit de révéler à n'importe qui ce qui a été dit. Seuls un petit nombre peut savoir. Ici, Paul se sert amplement de cette mystique JUIVE sans la nommer, en l'adaptant à son christianisme.
Dans Révélation (Apocalypse) chapitre 4, Jean décrit aussi un voyage mystique sans nommer les cieux. Pour sa part, il reprend les visions de la gloire divine (Kavod) et du trône divin (Kissé) du prophète Ezékiel et Yéshayahou. C'est très typique de son époque, puisque la mystique des Hékhalot se base sur les visions divines des deux prophètes.
L'origine des sept cieux :
Dans le Tanakh, il n'y a pas sept cieux. Au départ, cette conception est une conception cosmologique des mésopotamiens (Sumériens et Akkadiens) qui ont adapté les sept planètes en cieux, sans idées religieuses ni mystiques. Les perses, après la conquête de Babylone, ont repris la cosmologie mésopotamienne en l'adaptant à leur religion : le zoroastrisme. Dès lors, apparait une cosmologie de sept cieux où le septième ciel est le Paradis (venant du Perse Païdareza), un jardin-verger qui serait le siège de Ahura Mazda, la bonne divinité qui est opposée à la méchante divinité (dis donc, ce dualisme rappelle le dualisme chrétien d'un "dieu" contre "satan").
Cette cosmologie mystique va être reprise par certains juifs, en l'accomodant au judaïsme. Par exemple, l'accès au septième ciel chez les perses se fait après la mort. Directement après sa mort, le défunt est jugé selon les actes de sa vie et s'il est jugé digne, il rentre au Paradis (encore une fois, les chrétiens n'ont rien inventé).
Cependant, chez les mystiques juifs, le septième ciel n'est pas le lieu pour les morts. Le judaïsme traditionnel stipule que le mort attend la résurrection et le jugement dernier pour entrer, s'il est digne, au jardin d'Eden. (Là encore, les chrétiens n'ont rien inventés. L'eschatologie chrétienne se révèle être un mélange juif midrashique mystique et persan par sa cosmologie)
Chez certains juifs talmudiques aussi, le septième ciel est la place d'Elohim. Néanmoins, selon la mystique des Hékhalot, l'accès au septième ciel se fait du vivant de l'homme. S'il y arrive, il devient un presque-ange, capable de monter et descendre les sept cieux comme les anges dans le rêve de Ya'aqov. Ils reprennent la pensée persane et l'adapte avec une interprétation midrashique de la vision de Ya'aqov.
Paul reprend pour son compte cette vision mystique. Il ne la cite pas car il n'en a pas le besoin. Cette mystique est répandue dans tous les milieux juifs sans que tous y adhèrent. Mais elle est connue. La mystique des Hékhalot fait partie intégrante de l'enseignement des mystiques pharisiens de l'époque. On la retrouve aujourd'hui dans l'oeuvre intitulée "Hékhalot Rabbati" de Rabbi Yishmael HaLévi, qui est celui qui a codifié les traditions de ... l'éxègese biblique appelé Midrash.
Il est, avec le Rabbi Akiva, le grand rabbin des midrashim (pluriel de Midrash). Le Rabbi Yishmael et le Rabbi Akiva étaient de grands mystiques de la Hékhalot, ceux sont les seuls rabbins à avoir accéder au septième et être revenus vivant selon le Talmud et le midrash ésotérique "Hékhalot Rabbati".
Ces deux rabbins certes nés après Paul n'ont fait que rapporté par écrit les traditions orales qu'on leur a enseignées, des traditions que Paul a lui-même appris au pied de Gamaliel et du Sanhédrin. Il le dit lui-même et le livre des Actes montrent que Paul est connu des hautes autorités. Les versets présentés témoignent aussi de son accointance avec la tradition orale mystique.
Ce mélange judéo-persan est typique du judaïsme talmudique. 98% des anges et des démons dans le Talmud sont des anciennes divinités persanes dont le nom a été hébraïsé. Toutes ces traditions se retrouvent dans le christianisme sous plusieurs formes et variations.
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